Bel ailleurs, 13 avril

Si vous êtes à Paris ce soir (ou dans les environs), risquez-vous entre Charybde et Scylla, les deux librairies jumelles (non identiques) du XIIe arrondissement pour les cinquièmes Dystopiales. En Scylla, de 16 à 21 heures, vous pourrez rencontrer Régis Antoine Jaulin pour son Dit de Sargas. En Charydbe, à partir de 16 heures, une affiche de rêve : Elvire de Cock, Tommaso Pincio pour Les Fleurs du Karma, Xavier Mauméjean pour American Gothic (sur lequel nous reviendrons un de ces jours, c’est excellent), l’ami Romain Verger pour l’ensemble de son œuvre et (douces trompettes) Yves et Ada Rémy pour leurs faramineux Soldats de la mer, réédités en beauté par Dystopia.

Scylla, c’est 12 rue Riesener, métro Montgallet. Charybde, c’est 129 rue de Charenton, métro Gare de Lyon.

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Au Salon, avec Corentin

IMG_8708Nous sommes au Salon du livre jusqu’à lundi, à Paris, Porte de Versaille, hall 1, avec les belles éditions Corentin.

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Venez nous rencontrer !

Au programme de samedi : Jean-Pierre Naugrette sera présent sur le stand (X28) en début d’après-midi.

Des anges et des plumes

Inutile de dire qu’on se faisait une joie immense au Visage Vert d’aller rencontrer l’Ange du bizarre  au Musée d’Orsay. Du Goya, du Füssli, du von Stuck, du Klinger, du Redon, du Moreau et bien d’autres, en veux-tu en voilà. L’exposition regorge de splendeurs, c’est un fait. Son sous-titre ("Le romantisme noir de Goya à Max Ernst") n’est en rien mensonger. Et cependant, contrairement à Crime et châtiment, qu’Orsay présentait il y a trois ans, cet Ange du bizarre laisse curieusement froid, en dépit de sa belle et simple scénographie. Les extraits cinématographiques qui ponctuent la déambulation du visiteur sont dûment fantomatiques et relativement bien choisis ; les textes d’accompagnement sont sobres ; les problématiques (paysages mystérieux, anges et démons, femmes et bêtes, etc.) abordées et illustrées. Mais voilà : le bizarre n’est guère au rendez-vous. Peut-on faire l’hypothèse suivante ? Les œuvres que l’on voit à Orsay étaient connectées organiquement à une littérature dont l’existence n’est que suggérée. Détachées de leurs sources livresques, elles flottent joliment, sans grand enjeu esthétique, dans les galeries gris fer du musée. Où sont-ils, les Nerval, les Nodier, les Hogg, les Scott, les Brontë, les Borel, les Chamisso, les Hoffmann, les Shelley, les Byron, les Poe qui ont nourri ces démons, ces sorcières et ces fous ? Et la littérature populaire (totalement absente de l’exposition), grande colporteuse de ténèbres ? Reste donc une superbe galerie de tableaux et de gravures qu’on sera ravi, bien sûr, de contempler et d’analyser (même si la partie consacrée au surréalisme laisse franchement à désirer). Pour le vrai voyage au Brocken, on attendra…

Rien à voir, ou presque, mais en sortant d’Orsay, on pourra avec profit longer la Seine jusqu’à la rue Guénégaud et passer voir à la galerie Da-End (en elle-même splendide endroit) les magnifiques créatures transgéniques de Lucy Glendinning, artiste britannique née en 1964. Ce n’est peut-être pas là que s’est réfugié l’ange du bizarre de Poe (encore que ?). Mais il passe sur certaines de ces sculptures quelque chose de l’esprit du Docteur Plume, cher aussi à Jan Svankmajer.

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X28

C’est le numéro du stand où vous pourrez retrouver le Visage vert au salon du livre de Paris, du 22 au 25 mars (Parc des expositions, porte de Versailles) en compagnie des éditions Corentin. Ce qui nous enchante doublement, car Corentin, c’est cela :

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De superbes livres de contes et de grands textes (Le Morte d’Arthur, les Rubayat…) illustrés par Arthur Rackham, Kay Nielsen, John Bauer, Edmond Dulac et bien d’autres. On vous attend donc de pied ferme pour quatre jours de belles et bonnes rencontres. Quelques auteurs du Visage vert nous feront le plaisir de passer sur le stand : programme à suivre !

Hi bouc

Nous fêtons aujourd’hui la naissance du premier e-book du Visage vert… Les Saisons, un recueil de nouvelles de l’auteur roumain Ana Blandiana, notre dernière publication en date, est publié à la fois en papier et en version électronique, sous la forme d’un très joli pdf testé sur toutes les tablettes et préservant soigneusement nos efforts typographiques. Bloggeurs littéraires, si vous souhaitez le lire, faites-nous signe via les commentaires !

(NB : Ne vous jetez pas immédiatement sur le site du Visage vert pour l’acheter, amis lecteurs, il n’y est pas encore. On vous tient au courant.)

Tout et surtout pas n’importe quoi

Pour qui passe à Paris avant le 31 mars 2013, un détour s’impose par le 14 boulevard Raspail qui héberge jusqu’à cette date le Museum of Everything, intrigant musée ambulant consacré aux "artistes sans intention, sans formation ou sans célébration artistique" (dit le Musée.) Dans les locaux d’une ancienne école catholique, le visiteur peut admirer plus de 500 œuvres, le parcours commençant par une salle complète dédiée à Henry Darger. Quelques immenses panoramas de ce peintre et écrivain dont les œuvres, de son vivant, ne virent jamais la lumière des musées, sont exposées au dernier étage. Salle qui écrase quelque peu de son étrangeté les artistes qui la côtoient. Mais le Museum recèle d’autres merveilles : animaux ironiques de Bill Traylor (1854-1949), machines volantes qui ne décollent jamais de Charles AA Dellschau (1830-1923), héros et chasseurs d’Aleksander Lobanov (1924-2003), fleurs étranges d’Anna Zemankova. Et surtout, occupant tout un mur, quelques vestiges du Possum Trot de Calvin et Ruby Black, qui construisirent, à partir des années 1950, un autre musée / théâtre / ville champignon au fin fond du désert, en Californie : peuplé de poupées de bois que Calvin fabriquait et auxquelles sa femme Ruby et lui trouvaient une personnalité et un registre. Possum Trot, d’Allie Light et Irving Saraf, capture la création des Black dont il ne reste malheureusement plus rien aujourd’hui, le lieu ayant été détruit et les mannequins dispersés dans diverses collections. Possum Trot, le film, est projeté au Museum of Everything, entre quelques mannequins. Les fantômes du lieu et de ses habitants vous y attendent.

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(Photographie Seymour Rosen. La suite ici.)

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Et la prochaine parution au Visage vert est…

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