Tout beau, tout nouveau

Tout frais sorti des presses et bientôt dans les meilleures librairies (mais vous pouvez aussi le commander directement sur le site du Visage vert), une longue nouvelle de l’Allemand Georg von der Gabelentz, L’Animal blanc.

« Les histoires extravagantes racontées par cet homme reflétaient-elles la vérité ou étaient-elles le fruit d’un cerveau dérangé ? Pour le médecin que je suis, une chose au moins était certaine : le malheureux souffrait d’une forme de délire de persécution causé par son crime, d’une irritabilité maladive des nerfs, or l’ambiance à vrai dire très particulière et fantomatique de cette nuit – qui, moi aussi, m’affectait irrésistiblement – exacerbait les symptômes à l’extrême. » Georg von der Gabelentz (1868-1940) est l’auteur d’une dizaine de recueils de nouvelles et de plusieurs romans fantastiques publiés entre 1904 et 1935. « L’Animal blanc. Un conte nocturne », traduit par Élisabeth Willenz, est extrait de son premier recueil : Das weisse Tier. Novellen(Berlin : Egon Fleischel, 1904). Couverture de Marc Brunier-Mestas, illustrations intérieures de Stepan Ueding. gabelentz_animal_blanc

Il est là, le 25 !

Le voilà, il arrive.  Et comme un bonheur ne vient jamais seul, nous serons à Montreuil (près de Paris) le samedi 11 avril dans le cadre de Montreuil-sur-livre, donc, pour vous le présenter. Joie ! Et le 26 est d’ores et déjà en chantier. (NB : vous aussi, vous voulez vous abonner pour recevoir nos fabuleux suppléments ? C’est ici.) VV25

Sortie progressive de l’hibernation

Amis lecteurs, nous nous ranimons ! Sortie imminente du Visage vert n°25 et présence ce week-end au salon de Saint-Mandé, en région parisienne, consacré à la petite édition (le salon se tient dans les locaux de la mairie, samedi et dimanche ; vous y retrouverez également l’OEil d’or, le Sonneur, le Vampire actif, les Forges de Vulcain…) Au sommaire du 25, donc : le Belge Guy Vaes (sa nouvelle, «La Porte», est accompagnée d’un essai consacré au fantastique flamand, de Danny de Laet) ; l’Espagnol Antonio de Hoyos y Vinent («La Sainte» et «Sortilège», présentation de Norbert Gaulard) ; le Français Robida («Satanas Anachorète», «La châtelaine aux 365 enfants»), l’Anglaise Jessie Douglas Kerruish («La danse du spectre»). En cimaise, Edouard Yrondy, présenté par François Ducos. Et la deuxième partie de l’essai de Michel Meurger consacré aux loups. belva

Heureux Parisiens

Non seulement vous allez pouvoir nous rendre visite les vendredi 14, samedi 15 et dimanche 16 au salon de l’Autre livre, espace des Blancs-Manteaux, à Paris, mais en plus, vous pourrez, le même samedi 15, à 15 heures, voir au cinéma l’Arlequin l’ultime film d’Alexei Guerman, Il est difficile d’être un dieu. On aurait dû vous en parler il y a quelques semaines, après sa projection dans le cadre de l’Étrange festival. L’occasion est trop belle aujourd’hui pour ne pas la rater, le film repassant dans le cadre d’une semaine du cinéma russe à Paris fort riche, de surcroît. Adapté d’une novella des frères Strougatski, Il est difficile d’être un dieu est une expérience cinématographique d’une folle et incroyable plénitude, un bain de boue et de lumière qui vous fera oublier toutes les niaiseries dont le marché du film vous accable. Après l’erratique et flamboyant Khroustaliov, ma voiture, Guerman a mis plus de dix ans à tourner et à monter cette œuvre de plus de trois heures qui plonge le spectateur dans la vie pourrissante d’une planète moyenâgeuse dont les dieux fragiles sont des explorateurs venus de la Terre. Roumata, l’une de ces divinités, aime, se baffre et se bat dans ces bas-fonds sans issue où il lui est interdit de tuer. Film artisanal, patient, taillé dans l’épaisseur des dix ans de sa genèse, Il est difficile d’être un dieu ressemble, malgré ses apparences bien russes — ses femmes-enfants pâles et rebelles, ses barbus en haillons, ses fous aux yeux révulsés — aux panoramas de Bosch, charnels, ironiques, monstrueux. Courez le voir samedi. (Il sort officiellement au printemps 2015 en France). guerman

Fièvres d’automne

Et tandis que le numéro 25 s’élabore dans la fébrilité et l’angoisse, les rendez-vous de fin d’année se mettent en place. Nous serons comme d’habitude à l’Autre Livre, du 14 au 16 novembre 2014 (Espace des Blancs-Manteaux, Paris), au salon du livre de Pau le week-end suivant (21 au 23 novembre), au Sel de Sèvres le 13 décembre et à la librairie éphémère de la Halle-Saint-Pierre (Paris) en fin d’année, pour vos cadeaux de Noël. Nous vous concoctons aussi quelques charmants volumes, mais le démon de la procrastination et son cruel allié Saturne étant deux féroces adversaires, ça va prendre un peu de… hum, temps.

Avoir le Visage vert (et bien d’autres choses) à Bourges

Et voilà ! Nous sommes désormais, grâce à Hélène Solomonidis, présents à la Galerie Incertaine qu’elle vient d’ouvrir à Bourges. Ce qu’elle dit gentiment sur nous : «Découvrez un mélange de textes anciens et modernes de la littérature fantastique, anthologies, romans — et la superbe revue qui ne déçoit jamais ses lecteurs.» Lesquels peuvent s’attendre à un très beau numéro 25, qu’ils pourront découvrir non seulement à Bourges, mais aussi à Paris, dans les meilleures librairies, au salon de l’Autre livre et à Sèvres, dont nous vous indiquerons prochainement les dates.

En attendant, direction Bourges, où le Visage est en excellente compagnie (ah ! Dystopia !) :

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Pour en savoir plus sur la Galerie : hop !

True detective et vraie déception

On attendait les 8 épisodes de cette première saison de True detective avec trépidation. Solides acteurs (Woody Harrelson et Matthew McConaughey) et musique de T Bone Burnett, il y avait déjà de quoi faire briller les yeux. Et puis, et puis : cette enquête menée en Louisiane par deux inspecteurs de la police de l’état (les huit épisodes, c’est à noter, constituent une série complète) citait abondamment Le Roi en jaune, de Robert W. Chambers, un auteur que le Visage vert affectionne particulièrement. Et, nous disait-on, le scénariste avait lu Ligotti ! Après sept heures et des poussières de survol du bayou, de roulements d’yeux d’un Woody Harrelson par ailleurs très convaincant et de tirades philosophiques débitées d’une voix caverneuse par un McConaughey tout aussi excellent , la déception pourtant est grande. L’horreur cosmique ne montre que très, très rarement le bout de son tentacule dans ce long récit télévisé, ce qui laisse un peu de place au déjà vu. Une pincée de Twin Peaks (scènes de nuit), pas mal de Massacre à la tronçonneuse (les taudis du sud profond, où tout le monde est un peu incestueux, hein, forcément), du Red Riding Trilogy en prime, des visuels faussement crasseux (ah, Se7en), des photos quasi subliminales de saturnales campagnardes à la Charles Fréger, une direction artistique qui louche sur Hipstamatic, lumière vernie et verts surchargés… Zut. True detective, saison 1, en dépit de ses beaux atours, n’est qu’une énième enquête sur des meurtres en série chez les bouseux (qui doivent en avoir un peu assez de jouer les détraqués de feuilleton). Le roi en jaune ici n’est qu’un masque que l’épisode final, aux dix dernières minutes franchement grotesques, fait tomber sans élégance. Allez savoir pourquoi, tout cela donne envie de revoir le Faust de Sokourov.

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