L’auteur ! L’auteur !

Gracq meurt et les pies causent. « Je l’ai connu« , dit l’une ; « C’était un homme bien poli« , dit en substance une autre ; une troisième rappelle son refus du Goncourt, sa réclusion, loin de Paris (car vivre hors de Paris, ce n’est pas vraiment vivre…) ; une encore l’appelle Jean Gracq. Où sont les livres ? Au Visage Vert, les pies sont tout aussi bavardes, mais elles lisent : »Nous serons peut-être des amis ou des ennemis, Perceval. Peu importe. Mais je commence à croire que nous avons quelque chose à voir l’un avec l’autre. Tu vois ces arbres, cette eau sans regard, ce bateau immobile, ce vieux prince malade et tout noir, et cet étourdi de Kaylet qui vide un filet plein de poissons. C’est chose bien banale, et cependant il est bon que tu t’en emplisses les yeux pour toujours, car tu chercheras un jour au fond de tes songes à en retrouver la lumière.« C’est, dans Le roi pêcheur de Julien Gracq, quelques lignes à l’ombre de Wagner. « Wagner est un magicien noir — c’est un mancenillier à l’ombre mortelle — des forêts sombres prises à la glu de sa musique il semble que ne puisse plus s’envoler après lui aucun oiseau« , écrit Gracq dans la préface à cette courte pièce dont quelques enthousiastes ont sûrement comme nous, dans le secret de leur cabinet de lecture (lit, strapontin, banc public, table de cuisine, sous-bois…) inlassablement peaufiné la mise en scène. 

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