La croisière incertaine

Nous avions eu le bonheur il y a quelques années de faire publier chez Terre de Brume quelques-uns des recueils de Lord Dunsany — Contes d’un rêveur, L’épée de Welleran, Les fabuleux voyages de M. Jorkens… Quelle lecture eût fait de ce frère en ironie mythologique l’admirable Gus Bofa, ami de Mac Orlan, illustrateur et écrivain dont l’œuvre recommence à circuler dans les librairies de nouveautés ? Sa Croisière incertaine, merveilleux album réédité en 2004 au Seuil, est une œuvre hors normes, aux accents quasi dunsaniens. Des contes minuscules en regard d’illustrations au fusain, traits frémissants et noirs profonds : La croisière incertaine est à lire à un enfant pourvu d’un solide sens de l’inquiétude (non, personne au Visage vert ne viendra à son chevet répondre aux questions absurdes que La croisière aura fait naître dans cet esprit juvénile.) Extrait, dont l’extrême concentration rappellera aussi Les nouvelles en trois lignes de Félix Fénéon : « Les sept nains étaient grands à peine comme des timbres-poste, excepté le numéro 4, qui avait sept mètres de haut ». Quant à l’illustration ! Il vous faudra acquérir l’ouvrage pour la voir. L’on doit cette renaissance de La croisière à Emmanuel Pollaud-Dulian, qui est aussi l’un des deux animateurs de ce site consacré à Gus Bofa. Et l’on trouvera chez Cornélius d’autres albums, La guerre de cent ans, Malaises, Slogans et Les synthèses extra-littéraires.  

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