“Dieu, fatigué de la monotonie, avait redessiné son ciel.”

Reparaît dans La petite vermillon, la collection de poche de La table ronde, le court roman fantastique de Michel Bernanos, La Montagne morte de la vie, œuvre extraordinaire et désespérée qui mêle en une narration oppressante les influences les plus diverses — Verne, Poe, Lovecraft, Conrad, Redon, peut-être, bien que le texte ait une incandescence qui n’appartient qu’à lui. Un mousse, un cuisinier échappent à une mutinerie cannibale, puis à une tempête, pour découvrir, sous un ciel nouveau, une terre inconnue. Xavier Legrand-Ferronnière avait il y a quelques années édité au Fleuve Noir deux beaux volumes consacrés à l’œuvre romanesque de Michel Bernanos, Le cycle de la montagne morte de la vie et On lui a fait mal, hautement recommandés à qui s’est, comme nous, épris de ces mondes terribles. Et qu’il nous soit permis aussi de dire un mot d’une autre dérive en mer — celle passablement ironique, plus proche de Dunsany que de Bernanos, que propose Roberto Arlt dans « Les habits du fantôme ».  Ce conte impeccable conclut Le petit bossu, formidable recueil paru en 1998 aux Editions cent page. Le livre, réimprimé en 2003, est aussi beau que bon. Arlt est mort à 42 ans, et Bernanos à 41 (ce qui rend les quarantenaires et cinquantenaires du Visage vert tout chose). 

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