Mac Orlan ment

Oui, mais il le fait très bien. Le recueil de contes que vient de rééditer Terre de Brume, Les Bourreurs de crâne, a un fort parfum d’Allais, ce qui ne peut que nous réjouir — ascensions et chutes absurdes, variations aimablement inquiétantes sur le réel, flagorneurs, inventeurs et excentriques. Pierre Mac Orlan écrivit et illustra (bien joliment) ces très courts textes pour la presse, avant et pendant la Première guerre mondiale, et tout ne fait pas mouche, tant l’exercice — faire sourire en plantant les graines du doute d’un air de ne pas y toucher — est délicat. Ah, mais le bestiaire affolant de Mac Orlan, son Far West ahuri, ses artistes de l’auto-destruction ! Hautement recommandable, donc, et suivi d’ici peu de la réédition tout aussi réjouissante des Contes de la pipe en terre

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6 réponses à “Mac Orlan ment

  1. Excellente nouvelle ! Merci. C’est pas dans le Monde des livres qu’on l’aurait appris.

  2. Ah, sait-on jamais… Après tout, le président du Comité Mac Orlan a quand même le bras long. Mais… qui lit encore le Monde des Livres ?

  3. Merci pour cet article. Il était temps que je le découvre ! … J’ai hâte de voir ses illustrations. De son recueil ‘Port d’Eaux Mortes’ j’avais retenu comme une épigraphe pour un bon recueil d’histoires fantastiques : « Il approcha ses lèvres de mon oreille et tout bas me confia le mot de l’énigme : « la peur ». » (in ‘Sous la lumière froide’).

  4. Je suis arrivé trop tard pour celui-là. Mon libraire m’a signalé -via Electre- que l’ouvrage était manquant. Les illustrations étaient-elles en noir et blanc ?

  5. Oui, les illustrations étaient en noir et blanc. Mais je suis très étonnée de la réponse de votre libraire. Le livre date d’à peine 3 mois. Cela vaudrait un coup de fil à Terre de Brume…

  6. Merci du conseil. Cette fois je n’aurais pas eu besoin de cet ultime recours. Je vous confirme que sur le catalogue Electre, cette édition apparaît comme « Épuisé[e] », mention précédée de la pastille rouge.
    Le fin mot : aujourd’hui je me suis rendu dans une ville voisine et la Fnac du centre avait encore trois exemplaires, rangés à l’abri des regards -ouf !
    Dans le train du retour j’ai savouré « l’honneur de la paroisse » pour sa chute aussi grinçante -la tension en moins, que dans « L’homme et le serpent » de Bierce.

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