Les nains aussi

Nous avons appris en écoutant François Busnel, chroniqueur sur France-Info (qui n’a décidément pas plus de chance avec les livres que M. Seguin avec ses chèvres) que les grandes maisons d’édition étaient souvent « agacées » par l’incessante, l’absurde pullulation des petites maisons d’édition, qui naissent, vivent et meurent comme les mouches (le Visage vert a d’ailleurs décidé de revendiquer sa classification dans la catégorie des midges, voire même des biting midges, dites aussi punkies). Les libraires invités ont poliment détourné la conversation sur l’excellence, la qualité, les mérites, etc, des petites maisons (« amies des petits libraires », a même précisé l’un d’eux.) On les en remercie une fois de plus et l’on précise, à l’attention des grandes maisons et de François Busnel, que les dites grandes ont elles aussi commencé petites, que Calmann-Lévy publia Baudelaire avant de verser dans Nicolas Hulot ; qu’il vaut parfois mieux être petit que grand, et qu’à l’occasion les grandes ne se privent pas d’aller débaucher les auteurs repérés par les petites. Bon, et nous profitons lâchement de la situation pour rappeler que le dernier-né de notre maison naine, Retour à Walker Alpha, est désormais disponible et qu’on peut même le commander en ligne sur le site du Visage vert.  Et redire tout le bien que nous pensons du Sonneur, des Cent Pages, de la 5e Couche, des Allusifs, des Impressions nouvelles, de L’Œil d’or, de Cambourakis, de Cynthia 3000, de Clémence Hiver, de Quidam et bien d’autres, des éditeurs qui tiennent ces maisons à bout de bras comme jadis Nancy Cunard fit vivre Hours, et des auteurs qui leur font confiance. 

8 réponses à “Les nains aussi

  1. Cette peur d’une « pullulation absurde » des petites éditions me rappelle certains textes de Lovecraft stigmatisant le fourmillement des hommes, et des non-WASP en particulier, dans les villes américaines. Cette peur du fourmillement des activités humaines est de manière générale symptomatique de la peur d’une absence de maîtrise, de contrôle de celle-ci… Il est au contraire plutôt sain, je trouve, qu’une partie de la production livresque échappe aux grosses machines éditoriales, qui ont malheureusement tendance, qu’on le veuille ou non, à donner au chaland des produits aseptisés ou de pure circonstance. L’édition est un domaine qui n’échappe malheureusement pas à la mainmise de la communication sur la culture, et il est bon que les petites maisons d’édition continuent leur travail « artisanal ». Même si je ne suis pas un de vos meilleurs lecteurs, je soutiens votre combat.

  2. Cher François, nous n’avons pas de bons ni de mauvais lecteurs ! Merci donc à vous, et à vous lire très bientôt sur l’exposition Blake, que je n’ai pas encore vue mais que je compte bien voir et revoir d’ici juin.

  3. une seule solution : ne plus écouter France info…

  4. En tant que nano-nano éditeur, je ne peux que m’amuser ce cette critique (récurrente) des éléphants sur les souris… Bouh!

  5. Merci, Zulma, pour ces quelques précisions apparemment toujours nécessaires…!

  6. On croit rêver! Les mastodontes qui se plaignent de la prolifération des petits éditeurs. Leur faim n’a visiblement pas de limite. Dieu merci pour la pluralité et la richesse de la littérature, les petits éditeurs existent encore et montrent à intervalles réguliers, que l’audace peut aussi payer.

  7. Je viens de me rendre compte que deux livres passionnants sont évoqués dans cette chronique, Fuck America d’Edgar Hilsenrath( chez Attila) et L’Ami Butler de Lafargue( Quidam Editeur).
    Je suis surpris que pour une fois, l’on recommande aux côtés de nouveautés, un livre paru en 2007. Pour une fois que celles-ci ne sont pas les seules à être sous les feux des projecteurs, cela mérite d’être signalé.

  8. C’est vrai, Ed Wood ! Les libraires font leur travail, pas les journalistes…

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