Les dynamiteurs

Si la plupart des poètes et des écrivains ne travaillent et n’écrivent que dans ce qu’il est convenu d’appeler leur langue maternelle, il en est certain — poussés par l’exil, le voyage, le choix d’une culture dominante — qui s’en approprient une autre. Du polonais à l’anglais (Conrad), ou au français (Potocki), du suédois au français (Strindberg, pour l’unique Inferno), de l’allemand au français (Heine, pour certaines de ses chroniques), de l’anglais au français (Vernon Lee, pour quelques-unes de ses nouvelles), du japonais à l’allemand (Yoko Tawada), pour ne citer que quelques exemples. Pareil choix ne peut que nous fasciner, nous qui de la fragile barque du Visage vert draguons les eaux troubles, les lochs perdus et les puits sans fond. Ces grands voleurs donnent une texture unique à la langue qu’ils empruntent — une étrangeté qui, infime ou manifeste, vaut parfois tous les fantômes. Dans ces limbes s’est risquée notre amie Blandine Longre (dont on peut lire par ailleurs des fictions en français chez le Zaporogue et dans la revue Rue Saint Ambroise). Ce qu’elle en rapporte ? Dans une langue d’une tension unique, des poèmes qui sont autant de cosmogonies intérieures — brèves histoires de l’angoisse, du chagrin, de la passion, de la perte, sans cesse récrites, sans cesse réinventées. À lire, chez le Zaporogue toujours, et dans la revue en ligne 3:AM.

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