Papier Japon

Noël approche et vous voulez certainement faire plaisir à votre entourage. Vous pouvez naturellement offrir des abonnements Visage vert (vous le savez, hein : les revues — voir ci-dessous — ont besoin d’argent frais). Vous pouvez aussi à très peu de frais les envoyer en voyage dans les enfers japonais.
Première étape avec Xavier Mauméjean et sa Rosée de feu (Le Bélial’), une étonnante histoire parallèle de la guerre du Pacifique vue du côté japonais. Écriture sèche, construction rigoureuse et plongée vertigineuse dans les têtes des pilotes suicidaires. Mais que fait un roman historique dans les colonnes du Visage vert ? Lisez Rosée de feu, et vous comprendrez vite.
Deuxième halte : L’Histoire illustrée des cent démons, un cortège de yôkai (monstres, esprits, objets animés) assemblé par Kawanabe Kyôsai, grand artiste japonais du XIXe siècle, et réédité avec amour et en sérigraphie par l’Atelier de bibliophilie populaire, auquel on doit déjà quelques splendeurs, dont Ominous Stains, de Glen Baxter. C’est merveilleux, étrange et ça sent très bon l’encre.
On reviendra très vite dans ce blog sur La chenille, de Suehiro Maruo (Le lézard noir), après avoir vu Le soldat-dieu de Koji Wakamatsu — les deux œuvres adaptant la même nouvelle d’Edogawa Ranpo.
Une très belle vieillerie pour finir : Tensui, manga en deux volumes de Kazuichi Hanawa (paru chez Casterman), qui compte les aventures mouvementées d’une petite fille et d’un kappa (le passage aux enfers, dans le deuxième volume, est particulièrement réussi).
Kappa, qu’est-ce donc ? Ceci :

454px-kappa_jap_myth.jpg

C’est tout de même mieux que huit jours au ski, tout ça, non ?

2 réponses à “Papier Japon

  1. Les Kappa sont de fascinantes créatures. Le jour des lotus , Renge no hi, on s’interdit d’entrer dans les rizières ou de se baigner, car c’est le jour de la sortie des génies malfaisants de l’eau, les kappa. Ces diablotins risqueraient d’entraîner les imprudents aventureux au fond de l’eau. Le kappa est très populaire : petit animal amphibie de la taille d’un enfant de quatre ou cinq ans, il a le bec d’un canard ou le mufle d’un tigre et le corps couvert d’écailles de poisson. Ses rares cheveux sont coupés au bol, dégageant au sommet de son crâne une dépression remplie d’eau. Ses bras sont très élastiques ou encore amovibles. Le mot kappa signifie littéralement « enfant qui habite l’eau » et renvoie au caractère maternel de la divinité aquatique. À Kyùshù, région où les kappa sont les plus actifs, ils ont si mauvaise réputation qu’on évite de les appeler de leur nom, mais on les désigne par des expressions comme « le seigneur de l’eau », kawa no tono, « celui de l’eau », kawa no hito, « le voyageur », tabi no hito, etc. les kappa qui sont aujourd’hui considérés comme d’ incorrigibles taquins sont traditionnellement craints pour leur méchanceté : ils attirent les chevaux, et les humains (surtout lorsque ceux-ci ont mangé du concombre) dans l’eau pour les noyer ; ils les défient à la lutte, sumô, pour les entraîner dans la rivière et ils passent leur temps à semer le désordre dans les cultures irriguées. Dans le canton de kimotsuki, le jour de « la distribution des petits de tortues », kame no ko kubari,( assurée par les génies d’eau), on raconte que s’ils ne trouvent pas assez de petites tortues, ils risquent de prendre des bébés humains. Cependant, ils sont également capables d’accomplir de bonnes actions (mais ce sont d’autres histoires), et de façon générale, ils ne cherchent à nuire qu’aux lieux et dates fixes.
    Le Japon, lieu magique de vieilles croyances, regorgent de créatures incroyables. Les monstres, les démons, les fantômes, rythment fêtes et rites des quatre saisons. Il existe même un épouvantail à démons, yai kagashi., capable de repousser un monstre dangereux, daimanako, « le grand oeil », shômanako, « le petit oeil », hitotsu me kozô, le moinillon borgne, ou à un oeil, Itchomedon, « le sieur borgne », mehitsu Gorô, « gorô le borgne, Kannanbô, « le moinillon des mers du sud », dans les villages de bord de mer.

    Merci pour ces parades de démons. Kyôsai a le génie du trait, ses créatures sont irrésistibles. Réédité, quelle bonne nouvelle, mais attention aux esprits…malins. Quant à Tensui, un très beau manga en effet, (le premier n’est pas mal non plus). Oui, oui, tout ça c’est mieux que huit jours au ski !

  2. Un grand merci pour ces précisions !

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