L’auteur, l’auteur !

Le très beau musée Kolumba de Cologne expose, dans un bâtiment dû à l’architecte Peter Zumthor, une série d’œuvres anciennes et modernes dont les auteurs ne sont jamais nommés sur le site, mais dans une plaquette que l’on peut — ou non — choisir d’emporter dans sa visite. 
Entrée en matière pas tout à fait futile pour revenir, quelques mois après sa parution, sur le numéro 2 du Black Herald, si cher à notre petit cœur vert que nous avons eu la joie intense d’organiser une lecture commune avec ses éditeurs le mois dernier (voir notre article précédent). Oh certes, on trouvera dans les cent cinquante et quelques pages du magazine dirigé par Blandine Longre et Paul Stubbs, qui signe un éditorial cinglant sur les travers du creative writing, un certain nombre de noms d’auteurs. Mais ce sont les œuvres — poèmes, nouvelles, essais — qui priment avec, pour seul commentaire, la traduction (puisque l’un des principes du Black Herald est de publier tous ses textes au moins en français ou en anglais, quelle qu’en soit la langue originale, de toute façon toujours restituée.) Le seule exception, déjà citée, est l’introduction de Stubbs (on peut la lire ici), laquelle réaffirme la primauté des voix sur les auteurs eux-mêmes et préconise leur émergence, « sur la rive opposée à l’égotisme contemporain« . À cette lumière, et bien loin du narcissisme sans joie où s’embourbent nombre de revues ou de magazines littéraires, on ira donc, dans ce deuxième numéro du Black Herald, chercher des voix dont le seul point commun est probablement de ne jamais s’écouter parler (ce qui les rapproche, toutes poétiques qu’elles soient, de la littérature de genre si chère au Visage vert). Certaines anciennes — Hart Crane, Cesar Vallejo, W. S. Graham, Georges Perros ; la plupart contemporaines, des nouveaux venus (Delphine Grass, Andrew Fentham), des noms plus familiers (Laurence Werner David, Dumitru Tsepeneag, Pierre Cendors, Jacques Sicard), des habitués de la maison (Will Stone, Onno Kosters, Khun San). Le mieux encore, au delà de cette paradoxale liste de noms, est d’aller lire quelques-un de ces textes sur le site de la revue et de se la procurer ensuite auprès de ses éditeurs.

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