Intermède grognon : de la littérature considérée comme la confiserie.

Les esprits observateurs l’auront remarqué : la métaphore culinaire est très appréciée du critique littéraire. Presque autant que sa grande sœur, la métaphore joaillère : c’est dire l’étendue du désastre. « Un vrai bonbon » fait ainsi concurrence au « petit bijou » (finement ciselé, la plupart du temps.)
Oh, bien sûr, ce n’est pas à n’importe quel ouvrage que cette ravageuse étiquette s’attache. Ni Machen, ni Mary Shelley, ni Poe (entre autres) ne se la virent collée aux basques. Non, elle s’accole en général à des œuvres courtes et civilisées — ou civilisables, à tort ou à raison. Des textes qui ne font ni peur ni mal — ou des textes dont on veut ignorer, par cette inepte métaphore, le pouvoir inquiétant. Lecteur, asseyez-vous, goûtez, c’est bon, hein ? Sucré. Mignon. Et c’est fait avec quoi ? Des mots ? Des phrases ? Des inquiétudes ? On s’en fiche un peu. Confisons, confisons. Que certains de ces textes soient du pur sucre, on n’en doute pas. À ce titre, ils ne nous intéressent guère. Que d’autres cachent bien leur jeu et que la dent du lecteur croque soudain sur une patte d’araignée (ou, pire encore, un petit bout de langage), c’est bien le moins. Ah, quel filou, ce critique : soit il a voulu nous surprendre, soit il n’a pas fini son dessert.

451px-Redon_crying-spider

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s