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Le Visage vert, automne 2018

En dépit des apparences, nous sommes toujours de ce monde (même si nos centres d’intérêt nous obligent à avoir un pied dans l’autre).

Pour vous le prouver, nous nous montrerons au Salon de la Revue à Paris, du 9 au 11 novembre 2018, en compagnie de la Société des amis de Saint-Pol-Roux ; puis au Salon du livre de Pau du 16 au 18 novembre ; enfin, aux Rencontres de l’imaginaire à Sèvres, le 24 novembre. Ensuite, épuisés, nous rentrerons chez nous et essaierons de boucler les magnifiques volumes que nous préparons depuis… un certain temps.

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Le Visage vert, tel la marmotte…

… est en train de se tirer de cet interminable hiver. En préparation, un beau numéro 30 (eh oui !), une présentation de la revue à la Maison de la poésie, le 19 avril 2018 et, côté ouvrages, Les Oiseaux de nuit, un recueil de Maurice Level dont vous avez peut-être entendu parler dans l’émission Mauvais Genres la semaine dernière.

 

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Pour réserver une place à la soirée Maison de la poésie (il vous en coûtera la modique somme de 6 euros !), c’est par là…

Mais aussi, grâce à la belle diffusion-distribution que nous assure maintenant Dystopia, une présence renforcée en librairie. Ci-dessous, the Full Verthy au Ciel Rouge de Dijon !

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On revient très vite sur l’ami Level et sur la magnifique exposition Enfers et fantômes d’Asie concoctée par Julien Rousseau et Stéphane du Mesnildot au musée du quai Branly.

Une lecture de Destination Cérès

Ce qui frappe en premier lieu dans Destination Cérès, c’est l’ampleur, la précision, la technicité du vocabulaire employé : d’où un luxe de détails concernant les équipements, les instruments, la configuration des paysages qui donnent une caution réaliste à ces récits d’enquête et de quête. Quand à cela s’ajoute l’utilisation récurrente d’images telles que le labyrinthe ou le miroir, on se dit qu’on n’est pas loin du monde et de la démarche de Borges, le Borges des « Ruines circulaires ». Mais les ravins, failles et autres fissures de glace découpant un univers fantastique font songer à Poe, le Poe d’Arthur Gordon Pym, tandis que la recherche obstinée, obsessionnelle des empreintes, des indices et des traces nous oriente vers Sherlock Holmes. De manière plus subjective, la description de ces architectures écrasantes, naturelles ou fabriquées par la main de homme, fait songer plus d’une fois aux gravures de Piranèse, à l’angoisse que génère leur étagement de niveaux. On est à la fois surpris et pas surpris de voir Jean-Pierre Naugrette évoluer avec autant d’aisance dans le monde des égyptologues et dans celui des astrophysiciens associés à l’envoi de sondes et de drones et peu aidés en l’occurrence par la NASA. Récits de quête et d’enquête donc, où alternent la solidarité et la rivalité, les mesquineries et les gestes généreux à l’intérieur des équipes, où les chercheurs ont le choix entre plusieurs hypothèses (dépôt anormalement concentré de carbonate, ou vaisseau abandonné, station enfouie, ce qui confirmerait l’hypothèse de vie extraterrestre), le choix aussi entre plusieurs itinéraires alors qu’ils se retrouvent à la croisée des chemins. Il s’agit d’entrer en contact avec les civilisations défuntes, de recenser les traces multiformes de la présence de l’homme, de comprendre ses attitudes et pratiques religieuses. D’où l’intérêt pour les autels sacrificiels où l’on immolait des victimes aux dieux obscurs et sauvages, pour la découverte de l’étroite et solennelle entrée du temple où un drone s’aventure à la fin.

On est toujours en train de chercher un passage pour aller plus loin, quitte à se glisser dans des goulots d’étranglement qui signalent le risque et l’interdit. Un passage vers quoi en définitive? Non pas seulement vers un objet, un lieu, une « connaissance »,  un secret, mais, de manière plus ambitieuse, plus métaphysique que scientifique, vers l’énigme de l’être, à jamais insoluble, mais à laquelle on ne peut renoncer. On ne trouvera pas la clé de l’énigme qui se recule indéfiniment, mais, chemin faisant on découvrira les œuvres des hommes, leur héritage mutilé par le temps, les rites cruels de la religion, les décors des méchants contes de fée, les vertiges des escalades ou des plongées, les températures extrêmes,  bref, les dangers de tous ordres inhérents aux affrontements physiques, à l’expérience sensorielle des chercheurs.

D’où ces deux parcours initiatiques formant un diptyque qui s’illumine de feux et de reflets réciproques. Outre leur fourmillement d’échos,  ils baignent l’un et l’autre dans le même « suspense » parce qu’ils sont également teintés d’angoisse et s’accomplissent sous la menace constante de la mort.

Bernard Brugière

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Pour commander Destination Cérès.

Sèvres tentaculaire

Amis franciliens et apparentés, le Visage vert vous accueillera ce samedi 25 novembre avec plaisir sur son stand des Rencontres de l’imaginaire de Sèvres, en l’excellente compagnie de Gilles Ménégaldo, pour son Lovecraft au prisme de l’image. Deux autres nouveautés à découvrir : le n°29 de la revue, avec du Marcel Schwob et une nouvelle inédite d’Anders Fager, l’auteur des Furies de Borås (dont vous pourrez découvrir une interview exclusive sur le site ce dimanche 26 ; la version courte figure au sommaire de la revue). Et Destination Céres, une novella de Jean-Pierre Naugrette. Les Rencontres de l’imaginaire, c’est au SEL de Sèvres. Il y aura du très beau monde…

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Le 28 est en marche

Chers amis et lecteurs du Visage vert, le numéro 28 part à l’impression dans quelques heures. En avant-première, le sommaire !

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• Perceval Landon, «Thurnley Abbey»
• Jean-Pierre Chambon, «Derrière les montagnes»
• François Ducos, «Détectives des Ténèbres :  Épouvante, SF et grande fantaisie (1930-1960)»
• Achillèas Kyriakìdis, «Vertigineuse rhapsodie»« Inénarrable» « Bonzaï » suivi d’un essai de son traducteur, Nicolas Pallier : «Kyriakìdis, ou l’épreuve du lecteur»
• Kirby Draycott, «Le Supplice de Goetz à la main de fer» suivi d’une étude de Michel Meurger, «Goetz de Berlichingen et l’horloge fatale»
• Lafcadio Hearn, «La Photographie spirite»
• Carl Weisflog, «Une journée à Batavia»
• G. Guitton-Le Rouge, «L’Impossible»

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On ne vous cachera pas la joie et l’impatience que nous avons de vous faire découvrir, après H. V. Chao, Livia Llewellyn, Michael Siefener ou Cristìan Vila Riquelme un auteur contemporain jusqu’ici inédit en français… Grâce en soit rendue aux traductrices et aux traducteurs — ici, donc, Nicolas Pallier — qui nous ont apportés ces textes.

 

Offrez des livres, il n’y a que ça de bien

Amis du Visage vert, encore trois belles semaines avant Noël. Pourquoi ne pas offrir des livres ? Vous en trouverez en abondance chez nos amis Scylla et Charybde, si vous êtes parisien ou apparenté — Scylla qui organise d’ailleurs son apéritif mensuel du 3 décembre à la librairie Millepages, à Vincennes. Venez, vous pourrez aussi rencontrer quelques auteurs d’Adar, la quatrième et dernière anthologie consacrée à Yirminadingrad, la ville inventée par Léo Henry et Jacques Mucchielli.

Charybde de son côté du détroit sera ouverte deux des dimanches du mois, les 11 et 18 décembre donc, pour un brunch / vente / bonnes conversations, de 11 à 19 heures.

Toujours pour les Parisiens (et apparentés), deux autres salons : celui de la BD à l’espace des Blancs-Manteaux, du 2 au 4 décembre. Et les Éternels FMR de la Halle-Saint-Pierre, du 5 au 18 décembre, où vous retrouverez (entre autres éditeurs) le Visage vert et sa belle nouveauté, Arthur Machen et l’art du hiéroglyphe, de Sophie Mantrant.

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710

Et six mois plus tard, le blog du Visage vert reprend vie pour vous signaler, amis et amies de Paris (ou de passage à Paris) que vous pourrez, de ce mercredi 8 juin au dimanche 12, nous rencontrer au Marché de la poésie, place Saint-Sulpice (et métro du même nom, ligne 4), stand 710. Nous y serons ces 5 jours, en compagnie de nos vaillants camarades du Black Herald. Et un bonheur ne venant jamais seul mais toujours accompagné de deux autres, nous avons également quelques ouvrages en vente à la Halle-Saint-Pierre, au pied de Montmartre, dans le contexte bisannuel des Éternels Éphémères. Et nous sommes en train de boucler le numéro 27 de la revue.