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No-genre’s-land

Nos amis du Black Herald publient le 5e numéro de leur revue — plus que jamais indispensable dans le paysage parfois bien douillet des revues de littérature en France. Ni mook ni jag, The Black Herald est fièrement éparpillé entre langues, époques et genre (une notion que l’un de ses deux créateurs, Paul Stubbs, détricote lestement dans son éditorial). Les lecteurs découvriront entre autres dans cette livraison un entretien inédit en français avec Emil Cioran, deux beaux textes classiques (Segalen sur Rimbaud, Charles Nodier sur la littérature) accompagnés de leur traduction en anglais ; deux fictions contemporaines qui raviront les amateurs de littérature insolite («Révolution», de Philippe Annocque, et «Bibliotaphia», d’Alistair Ian Blyth, qu’on aurait publié avec joie dans le Visage vert) ; un des plus beaux chapitres des Soldats de la mer, d’Yves et Ada Rémy, traduit en anglais par le talentueux Edward Gauvin ; les premières pages de Spleen, roman expressionniste et oublié de l’énigmatique Olive Moore — et nombre de textes poétiques (Stubbs, Levinson, Gascoyne, Bondy, Spittle et quelques autres) dont la plupart se tiennent dans ce no-genre’s land qui nous enchante.

En parallèle, Black Herald Press publie deux recueils, Cosmographia, de Blandine Longre, vertigineux exercice de pénétration des mystères de la chair par le seul verbe ; et les Dits des xhuxha’i, d’Anne-Sylvie Salzman.

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En attendant le (VV) 21, il y a le Black Herald # 3 !

Nous préparons activement un numéro 21 avec quelques textes et surprises formidables. Sortie prévue début novembre. Dans l’intervalle, procurez-vous l’étonnant Black Herald #3, revue de poésie et de fiction polyglotte, où vous pourrez notamment découvrir des textes troublants de Romain Verger, d’Allan Graubard, de Nicolas Cavaillès… Et bien d’autres splendeurs.

 

L’auteur, l’auteur !

Le très beau musée Kolumba de Cologne expose, dans un bâtiment dû à l’architecte Peter Zumthor, une série d’œuvres anciennes et modernes dont les auteurs ne sont jamais nommés sur le site, mais dans une plaquette que l’on peut — ou non — choisir d’emporter dans sa visite. 
Entrée en matière pas tout à fait futile pour revenir, quelques mois après sa parution, sur le numéro 2 du Black Herald, si cher à notre petit cœur vert que nous avons eu la joie intense d’organiser une lecture commune avec ses éditeurs le mois dernier (voir notre article précédent). Oh certes, on trouvera dans les cent cinquante et quelques pages du magazine dirigé par Blandine Longre et Paul Stubbs, qui signe un éditorial cinglant sur les travers du creative writing, un certain nombre de noms d’auteurs. Mais ce sont les œuvres — poèmes, nouvelles, essais — qui priment avec, pour seul commentaire, la traduction (puisque l’un des principes du Black Herald est de publier tous ses textes au moins en français ou en anglais, quelle qu’en soit la langue originale, de toute façon toujours restituée.) Le seule exception, déjà citée, est l’introduction de Stubbs (on peut la lire ici), laquelle réaffirme la primauté des voix sur les auteurs eux-mêmes et préconise leur émergence, « sur la rive opposée à l’égotisme contemporain« . À cette lumière, et bien loin du narcissisme sans joie où s’embourbent nombre de revues ou de magazines littéraires, on ira donc, dans ce deuxième numéro du Black Herald, chercher des voix dont le seul point commun est probablement de ne jamais s’écouter parler (ce qui les rapproche, toutes poétiques qu’elles soient, de la littérature de genre si chère au Visage vert). Certaines anciennes — Hart Crane, Cesar Vallejo, W. S. Graham, Georges Perros ; la plupart contemporaines, des nouveaux venus (Delphine Grass, Andrew Fentham), des noms plus familiers (Laurence Werner David, Dumitru Tsepeneag, Pierre Cendors, Jacques Sicard), des habitués de la maison (Will Stone, Onno Kosters, Khun San). Le mieux encore, au delà de cette paradoxale liste de noms, est d’aller lire quelques-un de ces textes sur le site de la revue et de se la procurer ensuite auprès de ses éditeurs.

Lectures pour tous

Alors, c’était bon ? Oui, c’était bon (certes, nous ne sommes absolument pas objectifs.) Hier donc, dans l’après-midi, trois actrices (Priscilla Bescond, Clémentine Marmey, Sophie Neveu) et un acteur-auteur (Romain Verger), dirigés par le metteur en scène Jean-François Mariotti, nous ont fait l’honneur de lire des textes du Visage vert et d’une revue qui nous tient particulièrement à cœur, le Black Herald. C’était à l’auditorium de la Halle Saint-Pierre et nous nous sommes tous promis de donner une suite à ce joyeux moment. En attendant de récupérer les vidéos, voici quelques photos.

Textes lus : L’Homme à la poupée (Kurt Münzer), Elysium (Paul Stubbs), La bête dans l’intervalle (W. S. Graham), Aux champignons (Romain Verger), Réalisme (Dimiter Anguelov), La vierge en fer (Edouard Dujardin), Where were you within the banshee’s unshaken vowels (Blandine Longre), Un fantôme (Frédéric Boutet), Fantômes et magiciens (E. G. Bulwer-Lytton), Langue que parlent les dragons (A. -S. Salzman), La vengeance du squelette (Yuan Mei), ainsi que des extraits des Sept collines et quelques aphorismes de Georges Perros.

Et nous aurons le plaisir (dûment chroniqué dans ces pages) de retrouver Clémentine Marmey, Sophie Neveu, Priscilla Bescond et quelques autres brillants comédiens dans Gabegie, Apocalypse 2012, écrit et mis en scène par Jean-François Mariotti, dès le 13 janvier 2012.

Réveil

Il est temps que ce blog reprenne vie, d’autant que le Visage vert, lui, est en pleine forme. Le numéro 19 est parti à l’impression et la dernière publication en volume, les Contes surhumains de Victor-Emile Michelet, est disponible depuis quelques semaines auprès de l’éditeur. L’équipe sera présente, comme tous les ans, au salon L’autre livre (Paris, 18-20 novembre), à celui de Pau (25-27 novembre) et à la belle journée de Sèvres consacrée aux littératures de l’imaginaire (10 décembre). Sans compter la librairie éphémère de Noël 2011 — dates à venir. Le numéro 20 (juin 2012) se remplit à toute vitesse et d’autres volumes sont en préparation — à découvrir en 2012, également. (Message aux lecteurs : il est du reste temps de vous abonner ou de vous réabonner.)

En attendant, donc, les amateurs de littérature fin-de-siècle et mystique se plongeront dans les textes singuliers de Victor-Émile Michelet, présentés par Delphine Durand. C’est leur première réédition depuis 1907.

L’équipe du Visage vert a également prêté main forte à quelques projets amis. L’on retrouvera ainsi Elisabeth Willenz chez Cambourakis (elle y a traduit Miller & Pynchon, de l’autrichien Leopold Maurer), Anne-Sylvie Homassel au Black Herald (diverses traductions) et au Sonneur, où paraissent, dans ses traductions, En quête du rien (W. W. Collins) et Les éperons (Tod Robbins). Ce dernier étant préfacé par Xavier Legrand-Ferronnière. Et l’on nous dit que Norbert Gaulard et François Ducos auront également sous peu une actualité éditoriale.